Produits issus de l'agriculture biologique

Plantes bio
Les plantes médicinales et les épices issues de l'agriculture conventionnelle sont soumises aux mêmes règles que tous produits agricoles à destination alimentaire, ce qui signifie qu’il n’y a aucune restriction à l’utilisation d’engrais, de pesticides ou d’herbicides pendant la culture, par exemple.
Le législateur n’a pas prévu de lois spéciales pour les plantes médicinales, même si elles sont cultivées à des fins thérapeutiques. Bien évidemment, certaines espèces, lorsqu’elles sont récoltées à l’état sauvage, sont de fait indemnes de tout traitement avant récolte. Mais les aires de récolte ne sont pas répertoriées et donc pas contrôlées non plus. Le thym peut être récolté en bordure de route ou sur le fin fond d’un causse où pâturent des brebis qui ont été traitées avec un insecticide ; les analyses permettant de détecter une pollution coûteraient tellement chères si elles étaient toutes pratiquées sur tous les lots, que le tarif de vente de la plante serait exorbitant. Des contrôles et des analyses sont effectués par sondage. Mais le contrôle par analyse à posteriori, après récolte, n’est jamais aussi satisfaisant que celui qui consiste à sélectionner des aires de récoltes abritées des pollutions prévisibles.
Les plantes issues de l’agriculture biologique sont récoltées sur des aires de récolte sélectionnées, contrôlées à priori par Écocert.
Pour les plantes cultivées, le cahier des charges de l’agriculture biologique considère les plantes et les épices comme tout produit agricole. Ce qui signifie que tout produit issu de la chimie de synthèse est prohibé, à tous les stades de la culture, alors que les plantes qui ne sont pas certifiées “issues de l’agriculture biologique” sont logées à la même enseigne que les légumes ou les fruits.
Mais la différence entre les deux modes de production ne s’arrête pas là. Les plantes et les épices sont des produits vivants, odorants, qui attirent lorsqu’ils sont séchés nombre de parasites : mites, charançons, etc. En “conventionnel”, les fumigations d’insecticides pendant le stockage, sur les produits secs, sont autorisées et utilisées, même si des progrès ont été effectués ces dernières années pour interdire l’usage de certaines substances tellement nocives qu’elles avaient déjà été interdites pour les produits alimentaires (blé, farines...), mais étaient restées cependant autorisées sur les plantes et les épices.
De même, l’irradiation appelée aussi ionisation, est autorisée en Europe sur certaines plantes et épices, et les structures en charge du contrôle reconnaissent que bien souvent l’irradiation n’est pas indiquée sur l’étiquette du produit concerné par ce traitement, comme la loi le prévoit. Enfin les contenants des plantes et des épices ne sont pas surveillés eux non plus. Les premières vanilles cultivées en bio à Madagascar se sont révélées polluées par des insecticides, non parce que les paysans malgaches avaient utilisé un produit prohibé, mais parce que les couvertures de laine utilisées pour la fermentation des gousses étaient elles-mêmes traitées contre les insectes.
Enfin, un aspect non négligeable, qui suffirait à lui seul à justifier la réglementation Agriculture Biologique, c’est la santé des paysans qui cultivent et récoltent nos produits, ainsi que l’état de la terre qui les porte. En exigeant des produits issus de l’agriculture biologique on contribue à l’amélioration des conditions de vie des paysans. Contrairement à ce que l’on pourrait penser il ne s’agit pas d’un aspect marginal ; la production mondiale de poivre avoisinait les 400 000 tonnes en 2002...