Produits issus de l'agriculture biologique

Retour à la terre
Juin 2007
Nous rencontrons des difficultés croissantes à trouver les plantes médicinales dont nous avons besoin, et surtout la qualité que nous souhaiterions. Il nous apparaît de plus en plus qu’il faut reprendre ce dossier, retrouver un lien plus étroit avec la production, renouer des contacts avec les producteurs eux-mêmes.
Nous ne pouvons plus nous contenter d’attendre que des producteurs viennent nous proposer les plantes qu’ils ont récoltées et séchées. Nous avons besoin de relations plus suivies. C’est le résultat aussi des études que nous faisons dans le cadre de l’association bio équitable. Il nous semble qu’il peut être intéressant d’étendre cette qualité de contrat aux échanges nord/nord, c’est-à-dire à nos relations avec les producteurs européens, et français en particulier. Évidemment il n’est pas question d’aller vérifier en France que les producteurs ne font pas travailler les enfants ; mais par contre le travail sur la constitution de filières durables, renouvelables d’année en année, avec une relation suivie avec un producteur ou un groupe de producteurs, nous parait transposable à la réalité européenne. Cette réflexion est d’ailleurs à la base de la rédaction de la charte “Bio solidaire” que l’association Bio équitable à mise au point, et dont l’application est contrôlée par Écocert.
La croissance de la demande en plantes médicinales bio est très soutenue depuis plusieurs années, et la production française n’a pas suivi. Les lots que nous importons des pays lointains ne sont pas toujours satisfaisants, et ce n’est pas facile de lier des partenariats avec tous les producteurs lointains, vue l’étendue de notre gamme. Il nous semble qu’il est urgent de soutenir une production française.
Il nous semble aussi que les techniques de culture, de cueillette, et de séchage ne font plus partie des savoirs collectifs en France et qu’il redevient nécessaire de former les personnes qui souhaiteraient reprendre cette production.
Nous attendons de trouver la personne providentielle qui pourrait prendre en charge ce secteur.
Janvier 2008
Après plusieurs semaines de préparatifs, Frédéric monte à bord du bateau “Arcadie”. Juste avant de partir en voyage vers de lointains horizons, il nous a, à tout hasard, envoyé un curriculum vitae. Son expérience, à la fois dans le secteur de l’animation et de la culture des plantes médicinales, constitue un atout important pour Arcadie, surtout maintenant. Frédéric va donc ouvrir ce dossier, recenser et rencontrer tous les producteurs français que nous pourrons trouver. Il va aussi rencontrer les organismes professionnels concernés, ITEPMAI, CIVAM bio, etc. De cette moisson de renseignements sortira une hypothèse de travail pour Arcadie.
Janvier 2009
Un an après, la situation a déjà bien changé, même si nous n’avons pas encore les récoltes espérées. Mais comme prévu, les rapports avec les producteurs se sont resserrées, et nous nous sentons beaucoup plus proches d’eux, de leurs difficultés, et de leurs attentes.
Ce n’est pas toujours facile pour Frédéric de trouver la taille d’exploitation idéale. Entre le tout petit producteurs des Cévennes qui récolte quelques kilos de plantes, lot trop petit pour que nous puissions envisager de faire les analyses très coûteuses que nous sommes contraints de faire avant de mettre un lot sur le marché, et le viticulteur qui veut se reconvertir et passer en bio des hectares de vigne, le problème est à envisager d’une tout autre façon. Malgré tout, certains groupements de producteurs constitués depuis plusieurs années, sont disposés à travailler avec nous pour trouver une base d’échange équitable, satisfaisante pour les deux parties et durable...
Nous espérons aussi pouvoir acheter des terres et installer une ou un agriculteur, salarié d’Arcadie, pour faire des expérimentations, des plantations de démonstration, des pépinières.
Trente après les débuts de “L’Herbier des Pyrénées”, nous reprenons le guide de producteurs de plantes médicinales que nous avons écrit avec trois étudiants de l’ISARA en 1986 (?), et nous comparons les tarifs auxquels la coopérative achetait les plantes aux adhérents, (après des calculs compliqués de passage à l’euro, d’augmentation du SMIG, et d’inflation), avec les tarifs que nous demandent actuellement les producteurs français. Car évidemment, il n’y a pas eu de modification notable dans les techniques de récoltes de la baie de genévrier ou la fleur de sureau... Ces récoltes, nous les avons faites nous-mêmes, les souvenirs sont encore bien présents, malgré les années...
Juin 2009
Frédéric nous quitte, malgré notre insistance à vouloir le garder ; nous mettrons plusieurs mois à trouver un candidat pour reprendre son poste. En Décembre Anne nous rejoint et trouve à son arrivée un dossier très épais : les nombreux rapports très documentés de Frédéric, mais aussi tout le travail accompli pendant l’été et l’automne. De nombreuses réunions avec les candidats producteurs de plantes de la région, des contacts avec le CIVAM Bio du Gard, avec les Président du Conseil Général du Gard, Damien Alary, venu visiter Arcadie, et signaler son intérêt pour notre démarche… Nous avons beaucoup d’espoir de parvenir enfin à former un groupe de producteurs dans notre département et dans les départements limitrophes.